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Bienvenido à la Florida – 3. La communauté

Dernière mise à jour : 30 avr.

L’histoire de la Florida est pleine de rebondissements. Voici ce que notre compréhension de l’espagnol (merci JP et son année de cours d’espagnol il y a 20 ans de cela !) nous a permis de comprendre à travers les discussions avec différentes personnes de la communauté.



La Florida est une ancienne plantation de café dont le propriétaire canadien est décédé. Ses fils héritiers ont fait faillite suite à une mauvaise gestion. C’est donc la banque qui en est devenue propriétaire. Alors, un groupe de récoltants a décidé d’acquérir en commun la plantation, et de l’exploiter pour son propre compte. Nouveau rebondissement vers 2005, 2006, lorsqu’une partie du groupe se désolidarise et ne souhaite plus contribuer à la communauté. L’équilibre financier est mis en péril et la communauté ne peut plus rembourser les traites de la banque. Après moult tractations, qui remonteront jusqu’au Président du Guatemala, la plantation finit par être cédée* à la communauté pour qu’elle puisse l’exploiter pour son propre compte.


Cela fait désormais 15 ans que la communauté de La Florida remet en état avec ses propres moyens, c’est-à-dire avec les revenus de la plantation, la plantation et ses infrastructures, alors en grande partie délabrées.

De nombreux projets ont été menés par la Communauté, avec l’aide de contributeurs bénévoles de différents pays (danois, japonais, etc) et également grâce à l’aide d’une association française, Pérégrinactions, dont font partie Marie** et Jean-Michel, grâce à qui nous avons connu La Florida.


De nombreuses personnes (quasiment toutes je crois !) nous ont parlé de Marie, qui a accompagné de nombreux projets avec la communauté, en venant sur place chaque année depuis 15 ans. Parmi ces projets, la construction du patio pour sécher le café, la mise en place d’une école au sein de la plantation, l’équipement de chaque foyer avec une cuisinière à bois, etc.


D’autres projets à venir concernent la mise en place d’un tank à eau et l’installation de panneaux solaires pour apporter l’électricité.


Ce sont les projets de cette année, qui ont été freinés avec la pandémie, nous sommes en effet les premiers étrangers à revenir à La Florida depuis 2020. Heureusement, La Florida a été épargnée par la pandémie, probablement en partie grâce à son éloignement (à 45 minutes de la ville la plus proche, Colomba).

La Communauté se réunit régulièrement pour faire le point sur les finances et discuter des différents projets. Nous avons été invités par Emilia à assister en observateur à l’une de ces réunions.

Chaque famille a son représentant et chacun participe à la discussion et se prononce en votant à main levée pour les décisions à prendre. Nous avons été impressionnés par le climat de sérénité lors de cette réunion où les sujets sont débattus, avec conviction mais sans énervement, et où chaque parole est écoutée par les différents participants. Malgré notre compréhension partielle des échanges en espagnol, l’ambiance nous a semblée calme et détendue, avec parfois des éclats de rire partagés par tous.


C’est cette ambiance, accueillante, souriante mais aussi engagée et déterminée que nous avons ressentie au travers des échanges avec Emilia, en charge de la coordination avec les familles, Esteban, en charge du patio, Fernando, ancien maître d’école, Clement & sa femme Sandra, mariés depuis 50 ans.

Après seulement quelques jours passés ici, à La Florida, nous sommes impressionnés par ces familles qui vivent dans des conditions difficiles (climat pendant la saison des pluies, peu de confort, travail physique difficile), mais qui sont engagées dans leur projet commun avec détermination.

C’est pour nous, qui avons tout le confort et même bien plus que nécessaire, une leçon de vie que nous allons garder en nous longtemps.



Ce soir, de retour dans notre confort électrique et bien au chaud dans nos vêtements secs, nous regardons le haut des montagnes sous les nuages, nous entendons le tonnerre et nous pensons aux familles de La Florida qui sont sous la pluie, après une journée de travail dans les plantations de café.

Nous garderons dans notre cœur le sourire et la gentillesse de Josephina, Laura, Juanita, Emilia et leurs familles, et aux efforts qu’ils ont fait pour nous accueillir, partager leur vie avec nous et nous faire découvrir la richesse de leur environnement.


Pour en savoir plus sur la Florida :

https://fincalaflorida.com/

* Sur la question de la réappropriation des terres au Guatemala, lire le livre référence "Moi, Rigoberta Menchu", édition Gallimard.

** Marie, de l'association Pérégrinactions est joignable au 06 80 95 58 67.





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