• Elo

Notre Orient-Express au ralenti 🚂

Dernière mise à jour : 5 juil.

Comme pour boucler la boucle, après avoir démarré notre tour du monde par le Trans-Canadien à travers le Canada, nous terminons le voyage en train à travers l'Europe.

Pour cela, nous avons opté pour un billet Interrail qui permet à tout Européen de voyager avec un forfait adapté à ses besoins. Pour nous ce sera un forfait 1 mois avec 7 jours de voyages. Pour chaque jour de voyage, nous prenons autant de trains que nous voulons dans la zone couverte (33 pays à travers l'Europe). Une application dédiée sur téléphone permet de préparer son trajet et de réserver ses billets très simplement (voire d'ajuster son trajet à la dernière minute quand on se trompe de train 🙄😁). Les enfants de moins de 12 ans voyagent gratuitement.

Nous allons pouvoir faire semblant d’être des passagers de l’Orient-Express de l’époque d’Agatha Christie ! Nous embarquons à Istanbul, jusqu’à Paris, avec des escales de quelques jours dans certaines villes. Malheureusement, l’Orient-Express de l’époque n’existe plus, il n’y aura donc ni cabines communicantes, ni contrôleurs en livrée, ni mouchoirs brodés, ni dîner mondain en wagon restaurant (nous devrons d’ailleurs nous échapper hors de la gare à l’occasion d’un contrôle de frontière entre la Bulgarie et la Roumanie pour aller chercher rapidement de quoi manger).

Mais nous aurons toutefois les échanges avec d’autres passagers internationaux comme Julian, retraité catalan et fan de voyages en train, parlant parfaitement le français, l’anglais, et quelques mots d’autres langues des pays traversés.

Crédit musique : Aytaç Dogan - Kanun Resitali 1 (2018)

1er Trajet : Istanbul (Turquie) – Bucarest (Roumanie), en traversant la Bulgarie, 620km

Nous voyageons dans un train couchette turc moderne « TVS2000 » dans une cabine de 4 couchettes. La cabine était même climatisée au départ… jusqu’à une panne d’électricité de tout le wagon après le rattachement à un autre wagon après la frontière turque…

Notre wagon sera rattaché successivement à 3 locomotives différentes entre Istanbul et Bucarest.

Nous passerons par 4 contrôles* des passeports entre la Turquie et la Roumanie :

- 3H30 du matin à la sortie de la Turquie, à Kapikule, le contrôleur réveille toutes les couchettes avec un délicat « Pasaport, Office ! », on se retrouve alors tous à faire la queue en pyjama pour montrer les passeports, prendre une photo (on imagine la belle collection de visages blafards et endormis que doit avoir la police turque des frontières 😁)

- 4H du matin, à peine rendormis, nouvelle vérification des passeports dans le train cette fois-ci. La police disparait avec les passeports et reviendra nous les rendre 30 minutes plus tard.

- A l’entrée de la Bulgarie, nouveau contrôle des passeports.

- A l’entrée de la Roumanie, un dernier contrôle. Là encore, nos passeports disparaissent en tas et réapparaissent un peu plus tard.

Premier passage du Danube en guise de frontière : entre la Bulgarie et la Roumanie.

Après un départ à 21H40 d’Istanbul, nous arriverons à un peu plus de 18H le lendemain à Bucarest, avec un peu de retard.

Crédit musique : Carpathian Folk Music (2018)

2ème trajet Bucarest (Roumanie) – Budapest (Hongrie) – Bratislava (Slovaquie), 1030km

Nous voyageons cette fois dans un train couchette roumain, le « Ister », dans une cabine de 6 couchettes, 4 occupées par les Catventures et 1 par une jeune fille ukrainienne très discrète.

Le passage de frontière entre la Roumanie et la Hongrie se fera à 5H du matin, tout en restant dans le train, grand confort 😉.

Nous traverserons une partie des Carpates, et une deuxième fois le Danube en guise de passage de frontière entre la Hongrie et la Slovaquie, deux pays, membres de l'Union européenne. Cette frontière est en partie terrestre et en partie fluviale, sur le Danube. C'est l'une des frontières intérieures de l'espace Schengen.


Mais avant d’arriver en Slovaquie, il nous a été difficile de quitter la Hongrie, très attachante 😉. Ainsi, des travaux sur la ligne Budapest-Bratislava ont changé notre itinéraire bien huilé d’après l’application Interrail : 1. Nous arrivons à la gare de Budapest-Keleti. 2. Notre prochain train doit partir de la gare de Budapest-Nyugati.

Oui mais voilà, en arrivant à Nyugati (sans se faire arnaquer par les taxis qui demandent systématiquement le double voire le triple du tarif normal…), pas de train direct pour Bratislava du fait de travaux. Il faut aller jusqu’à la frontière slovaque à Szob, puis prendre un bus, puis reprendre un train jusqu’à Bratislava…

Sur le schéma, on croit comprendre qu’un train direct circule quand-même, mais depuis… l’autre gare, Budapest-Keleti (où nous étions, donc, à peine 30 minutes plus tôt…). Nous voyons un train indiqué « Budapest-Keleti » qui part 10 minutes plus tard. Nous décidons donc de monter à bord, pour retourner à l’autre gare.

Une fois à bord, avec tous nos bagages, et le train parti, nous regardons avec étonnement la liste des arrêts prévus : prochain arrêt dans 1H30 à « Szolnok ». Kesako « Szolnok » ??? Galère, nous voilà embarqué dans un train qui est bien en direction de Budapest-Keleti (soit à 15’ en voiture du point de départ) mais en faisant une GRAAAAAAAAAANNNDE boucle dans la campagne hongroise au sud de Budapest, en pas moins de 6 heures ! 😱 Après une longue discussion avec le contrôleur dans une langue mutuelle inconnue, nous n’avons plus qu’à descendre au prochain arrêt et… faire demi-tour 😭. Le pire, c'est que nous avons embarqué dans notre galère deux diplomates brésiliennes de l'ambassade du Brésil à Budapest. Elles avaient prévu un petit week-end à Bratislava... Ca va faire court...

Bref, une fois à Solznok, plutôt que d'aller visiter ses (nombreux ?) incontournables, nous voilà donc à nouveau devant un choix stratégique important : retourner à Bucarest-Keleti ou à Bucarest-Nyugati ??? Car personne n’a pu nous dire (ni contrôleur, ni application sur téléphone, ni site internet), quel train part réellement pour Bratislava, ni de quelle gare… 🧐

Nous prenons donc à nouveau une décision particulièrement éclairée : celle d’aller à Budapest-Keleti ! 1H30 plus tard, à 13H45, nous voici donc arrivés à Budapest-Keleti (c’est-à-dire à la même gare que 5H plus tôt…).

On ne nous y prendra plus, nous allons directement au point information international pour nous renseigner sur le train qui va à Bratislava.

La bonne nouvelle : il existe bien ! La mauvaise : il part de l’autre gare : Budapest-Nyugati 🤪 Nous voilà donc repartis en taxi pour Nyugati. Comme une impression de déjà-vu… Un remake de « Un jour sans fin » 😂

Finalement, nous arriverons bien à Bratislava mais à 18H (au lieu de 12H initialement prévu). Certains diraient que c’est un acte manqué de retourner vers le sud au lieu de progresser vers le nord et l’ouest 😉

Slow travel vous avez dit ?


Prochaines étapes à venir :

- Bratislava-Vienne par l’hydrofoil sur le Danube

- Vienne-Münich en train de jour

- Münich-Zürich-Bâle

- Bâle-Paris


*Nous ne savons pas si ces contrôles sont plus accentués que d’ordinaire, mais le contexte de la guerre en Ukraine est très présent, avec des équipes de bénévoles présentes dans les gares et des dispositifs complets d’accueil, en particulier à Bucarest : tentes médicales ou de repos, habits, nourriture, point d’information en Ukrainien, etc.

Les Roumains se sont beaucoup mobilisés. Ainsi, Robert et sa famille, que nous avons rencontrés à Bucarest, ont hébergé pendant plusieurs semaines une famille ukrainienne dans leur appartement.

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